L’expérience de la création artistique dans son processus est intime à chacun. Une oeuvre terminée est la trace, le témoin extérieur de ce déploiement intérieur qui ouvre, éveille, restaure des parts de nous même et nous replace au coeur du monde.

Les vocables sont parfois pauvres, limités ou léger quant à l’objet de ce que l’on voudrait partager. Une fois dans la matière, les mots mis sous silence prennent une autre consistances, une autre amplitude. Leurs langages résonnent en celui qui se laissera toucher, apprivoiser dans sa relation à l’oeuvre. Le créateur lui même objet du processus de création se laisse pétrir et modeler dans son geste, dans son corps et dans sa vie.

L’ « expérience » est un mot qui prend sens à différents niveaux. Elle est pour moi une dynamique vivante. Dans une société d’immédiateté, nous avons parfois tendance à vivre dans nos têtes. Dans l’intention, l’attitude et la justesse du geste, la création nous invite à être conscient de l’instant présent. Que cela soit pour celui qui crée comme pour celui qui regarde, c’est un appel à se laisser toucher, interpeller par un tête à tête avec ce qui nous éveille, nous révèle, nous nourrit et dont l’empreinte invisible est indélébile.